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Silicon Valley

L’innovation en Europe vs Silicon Valley, les challenges..

Great article on Mashable recently

10 keys to present your start-up to the US

Vous êtes une start-up Européenne? Rien n’est gagné, annonce l’auteur:

1/ Les ressources en capital sont très limitées en Europe

2/ La taille du marché y est réduite

3/ La mentalité Europeenne prend la poussière: face à l’entrepreneuriat et à l’innovation, l’attitude des Europeens laisse pantois face à l’inhibition totale à la prise de risque de la Silicon Valley: vous avez une idée extra innovante en France ? Dommage, car plus elle sera innovante, plus tout le monde (investisseurs en premier lieu, clients/consommateurs en second) fera l’unanimité dans un sens: ils prendront peur. Peur d’investir, peur d’adopter un produit trop innovant.  Ainsi, par manque d’innovation et d’ambition l’Europe n’enfante que des “me-too”, ces fameuses entreprises qui ne sont que de pales et lâches copies de start-ups américaines à succès. C’est ce qu’avancait Ouriel sur Techcrunch hier .

Pourtant, l’Europe est bien un berceau de l’innovation. L’effort public (subventions gouvernementales et Européennes) la soutient massivement dans les labos de Cambridge, de l’Imperial College, de l’Université de Munich, de Polytechnique ou de Politecnico di Milano. La, des PhD qui n’ont rien à envier aux ingénieurs de Stanford ou Berkeley s’attelent sur des innovations à potentiel mondial. Il n’empêche: ca coince et ca ne decolle pas.

Car l’innovation Europeenne a de sérieux handicaps par rapport à la Silicon Valley. Lesquels?

1/ la Silicon Valley est simplement un concentré géographique unique d’innovation, quand celle-ci est trop dispersée en Europe

Chaque m2, chaque structure dans la Silicon Valley respire et travaille à l’innovation…Depuis le PhD de Stanford jusqu’aux avocats, investisseurs ou grandes entreprises type Microsoft (c’est ce que notait Ron Conway en video ici), c’est une masse critique d’acteurs clé qui sont géographiquement et structurellement imbriqués. Quelques kilomètres seulement, de Menlo Park à San Jose, mais voilà: tous les acteurs mondiaux qui comptent sont là.

Cambridge est peut-être le seul centre Europeen à avoir réussi à recréer un tel eco-système - quoi que dans une mesure bien plus modeste -. Pourtant, Cambridge University et ses quelques investisseurs se complaisent dans un eco-système qui reste incomplet. Ils ont du mal à aller chercher les autres éléments clé disséminés à Londres ou dans d’autres capitales Européennes. Difficile par ailleurs de se parler et de travailler ensembles lorsque l’on est à plus de 4 ou 5 heures de distance.

2/ Le manque d’ouverture d’esprit et d’ambition

L’innovation n’est pas une fin en soi. Elle n’a de sens que si elle contribue positivement à l’évolution de notre société. Cela, la Silicon Valley l’a compris: les innovations qu’elle enfante basculent dès le berceau dans le monde de la commercialisation. Elles grandissent avec la patte de géants type Microsoft ou de simples entrepreneurs, lui donnent le bon twist: le soucis de modeler l’innovation pour une application concrète, rapide et monétisable prédomine dans la Silicon Valley. Cela nécessite une ouverture d’esprit qui va au delà de l’innovation académique et qui manque cruellement en Europe.

En Silicon Valley, toute entreprise ou innovation est créé avec une ambition et un potentiel mondial. L’inverse n’est pas une option. On le sait, toute la Silicon Valley est tournée vers le monde et fait affaire avec lui. L’Europe, à l’inverse, a du s’adapter à sa géographie et a adopté par la force des choses une mentalité cloisonnée. Les entrepreneurs font une priorité de dépenser énergie et ressources à conquérir leur marché national puis, pays par pays, le reste de l’Europe. Hors, il peut etre souvent plus judicieux de s’attaquer tout de suite aux plus gros marchés mondiaux.

3/ Le rythme d’exécution

Ca tombe bien, Michael Arrigton faisait aujourd’hui une analyse grossière de l’art de vivre (et non joie de vivre) Européen comme obstacle majeur à une bonne execution des projets entrepreneuriaux, clé de la réussite.En réalité, il faut prendre la chose à l’envers. Ce n’est pas le rythme d’exécution Europeen (ou Francais) qui est trop lent, c’est celui de la Silicon Valley qui est exceptionnellement rapide. Et c’est beaucoup la conjonction des facteurs mentionnés si-dessus qui créé une telle possibilité:  8 meetings pro par jour, des e-mails répondus dans l’heure, 7/7. Un extrème.

Mais l’execution rapide et l’efficacité sont deux éléments indispensables (en Silicon Valley plus qu’ailleurs, c’est la loi du plus rapide: si je suis lent je me fait bouffer par mes concurrents next door!).

Je finirais par mettre en lumière par un exemple concret qui illustre bien ces problématiques. La start-up EVO Electric est un spin off de l’Imperial College, qui a developpé un power train hyper-performant. Une révolution, a avancé Imperial Innovation-le bras d’investissement de l’université - , qui considère cette start-up comme une des plus prometteuse de sa structure: elle en a avancé le seed round. Hors, voici quelques données alarmantes sur EVO:

-EVO Electric n’a jamais effectué de market study, n’ai jamais venu en Silicon Valley et n’a aucune idée de sa concurrence américaine.

- EVO Electric a fait une priorité de trouver des concurrents locaux (Taxis londoniens) pour valider son concept et n’a entamé aucune discussion avec les grands constructeurs automobiles

- EVO Electric et l’Imperial College ont furieusement refusé d’avancer un budget pour un voyage dans la Silicon Valley pour y rencontrer les acteurs principaux de la révolution verte. Hors, il se trouve que plusieurs solutions de Power Train hyper-performants sont déjà appliqués par Tessla, etc.

Avez-vous parlé d’ouverture d’esprit? De manque d’ambition? D’exécution?

En conclusion, c’est pour toutes ces raisons que plus une start-up Europeene est innovante et early stage, plus cela fait sens pour elle de s’installer en Silicon Valley. Pour brainstormer, pour prendre le poul de l’innovation, pour mieux appréhender son marché mondial, pour adopter les bons automatismes, pour mieux connaitre sa concurrence..

Discussion

2 comments for “L’innovation en Europe vs Silicon Valley, les challenges..”

  1. Bravo pour la post, tres detaillee.
    C’est ce que j’aurais aime entendre a la conference LeWeb, notamment pendant le Gillmor Gang “show”. Car c’etait plus un show qu’un debat serieux.

    Tous ces Geeks (Arrington, Scobble, Feldman…) pretendent tout savoir sur tout mais a la fin, ben on reste sur sa faim. :)
    Le debat etait vide de substance (certe cela ne durait qu’une 20e de min mais quand meme).
    Je m’attendais a mieux de Loic Le Meur qui nous sort le coup du lunch de 2h pour “socialiser” entre entrepreneurs et comme illustration de l’art de vivre Francais. LOL. Est-ce que cet art de vivre est aussi une exception francaise? Of course not. So what’s the point?

    Pour completer ton excellent post, j’ajouterais une raison majeure, sinon la premiere, qui est une reponse aux arguments avances par Mike Arrington:
    Le marche US est un fabuleux marche de 300M de consommateurs (340M avec le Canada) parlant anglais et ayant le meme cadre culturel, social, fiscal, etc…alors que l’Europe, bien qu’autant peuplee, est helas la somme de plusieurs petits marches aux cultures et languages bien differents.
    Cela freine le succes.
    Un example: la montee en force de Ebay il y a 10 ans qui touche instantanement 340M de consommateurs alors que Aucland, gere par des gens aussi malins, motives et intelligents que chez Ebay, n’a jamais eu la meme chance de succes des le depart (Il faut un aucland en francais, puis en Anglais, en allemand et autant de bureaux et de reglementations locales….)
    Je pense que c’est une raison majeure car elle conditionne d’emblee l’esprit d’entreprendre et tout ce qui s’ensuit.
    Si on offrait a tout entrepreneur le choix entre un marche immediat de 340M de consommateurs US et un marche de 60M de clients UK, pas un seul hesiterait a choisir le marche US.
    Scobble at some point a mentionne la Chine et ses clones Facebook. Pourquoi donc ces clones font mieux de Facebook? Low payroll? Really? Nope. CUSTOMER BASE is the answer.
    Donne moi un marche enorme, et les ressources limitees en capital que tu evoques afflueront et les mentalites / motivations changeront.

    C’est bien pour cela que la machine US tremble maintenant car la Chine est devenue le plus gros marche, suivie de pres par l’Inde.

    Il y a deja un milliardaire chinois dans les panneaux solaires, chose completement impossible en France dans un temps et un espace aussi limites alors que la technologie provient de l’Ouest.

    Il est a craindre que les futures mega corporations chinoises dans l’energie propre (qui est la prochaine revolution globale de ce monde) soient les nouveaux predateurs et leaders mondiaux car domiciliees en “Chindia”, le plus gros marche local du monde.

    Posted by Fred | December 17, 2008, 6:24 pm
  2. [...] want to go global. I had already shared with you the state of innovation in Europe vs Silicon Valley in this post (fr) and why a presence in Silicon Valley was a must for any tech start-ups. I also wanted to share with [...]

    Posted by The Bridge | When the best UK software start-ups visit Silicon Valley.. | April 1, 2009, 7:20 pm

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